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    Cours · Pôle 2 · Management RH
    A2.2S1 · A2.2S622 min de lectureE51 (coef. 5)

    Le contrat de travail : choisir, rédiger, suspendre, rompre

    CDI, CDD, intérim, période d'essai, formalités d'embauche et modes de rupture

    A2.2C3 - Établir un contrat de travail adapté à la situationA2.2C2 - Participer au recrutement du personnel

    Dans la sécurité, on embauche vite : un site démarre, un événement arrive, un agent démissionne. Le mauvais contrat (un CDD sans motif, un intérimaire pour un poste permanent) se paie en requalification en CDI, en indemnités et en contrôle de l'inspection du travail.

    01Définition et éléments du contrat de travail

    Le contrat de travail est la convention par laquelle une personne s'engage à travailler pour le compte et sous la subordination d'une autre, moyennant rémunération. Trois éléments : une PRESTATION DE TRAVAIL, une RÉMUNÉRATION et un LIEN DE SUBORDINATION (pouvoir de donner des ordres, d'en contrôler l'exécution et de sanctionner). C'est ce lien qui distingue le salarié de l'auto-entrepreneur : un « agent indépendant » qui reçoit un planning et des consignes est un salarié déguisé (travail dissimulé).

    Spécificité sécurité privée : l'embauche d'un agent exige la vérification de sa CARTE PROFESSIONNELLE en cours de validité délivrée par le CNAPS (5 ans), correspondant à l'activité exercée (surveillance humaine, sûreté aéroportuaire, cynophile, etc.). Embaucher sans carte pro = infraction pénale pour l'employeur et pour l'agent.

    CDI, CDD, intérim : le comparatif du manager

    CritèreCDICDDIntérim (CTT)
    PrincipeContrat de droit commun, sans termeException : motif légal obligatoireException : mêmes motifs, salarié mis à disposition par une agence
    MotifsAucun à justifierRemplacement, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier, usageIdentiques au CDD
    FormeÉcrit recommandé (obligatoire si temps partiel)Écrit obligatoire remis dans les 2 jours ouvrables, sinon requalification en CDIContrat de mise à disposition (agence-entreprise) + contrat de mission (agence-salarié)
    DuréeIndéterminée18 mois max en général, renouvelable 2 fois dans la limite18 mois max en général
    FinDémission, licenciement, rupture conventionnelle, retraiteArrivée du terme + indemnité de précarité 10 %Fin de mission + indemnité de fin de mission 10 %
    Usage en sécuritéPoste permanent sur site, encadrementÉvénement, remplacement d'un agent absent, pic saisonnierBesoin urgent, absence imprévue, volumes ponctuels

    02La période d'essai et les formalités d'embauche

    La PÉRIODE D'ESSAI n'est valable que si elle est écrite dans le contrat. Durées maximales légales : 2 mois pour les employés et ouvriers, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 4 mois pour les cadres (renouvelable une fois si la CCN le prévoit). Elle peut être rompue librement par chaque partie, avec un délai de prévenance.

    FORMALITÉS : déclaration préalable à l'embauche (DPAE) à l'URSSAF avant la prise de poste ; inscription au registre unique du personnel ; visite d'information et de prévention auprès du service de santé au travail ; remise des documents (contrat, règlement intérieur, fiche de poste, consignes) ; vérification de la carte professionnelle et enregistrement dans le registre des cartes ; affiliation mutuelle et prévoyance ; remise des EPI et de la tenue.

    Le PARCOURS D'INTÉGRATION (A2.2T3) prolonge l'embauche : accueil, doublure avec un agent expérimenté, visite du site, remise et explication des consignes, point à J+7 et J+30. Un agent bien intégré reste ; la stabilité des équipes est un critère d'évaluation du référentiel.

    Schéma

    Le cycle de vie du contrat

    Recrutement

    Fiche de poste · sourcing · entretien · vérif. carte pro

    Embauche

    DPAE · contrat écrit · registre · visite médicale

    Exécution

    Période d'essai · planning · entretiens · formation (MAC)

    Suspension

    Maladie, AT, congés, grève, mise à pied

    Modification

    Accord du salarié si élément essentiel (salaire, durée, lieu hors mobilité)

    Rupture

    Démission · licenciement · rupture conventionnelle · fin de CDD

    Chaque étape a ses formalités et ses délais ; le manager en est le garant au quotidien.

    03Suspension, modification et rupture

    SUSPENSION : le contrat continue mais n'est pas exécuté (maladie, accident du travail, maternité, congés, grève, mise à pied disciplinaire ou conservatoire). Le salarié conserve son emploi ; certaines suspensions ouvrent droit à des indemnités (IJSS, complément employeur).

    MODIFICATION : distinguer le CHANGEMENT DES CONDITIONS DE TRAVAIL (nouveau site dans le même secteur géographique, nouveaux horaires dans la même amplitude), que l'employeur peut imposer, de la MODIFICATION DU CONTRAT (baisse de salaire, passage de nuit à jour pour un travailleur de nuit, mobilité hors secteur sans clause), qui exige l'accord écrit du salarié. Un refus de changement des conditions peut être fautif ; un refus de modification ne l'est jamais.

    RUPTURE : la DÉMISSION (volonté claire et non équivoque, préavis) ; le LICENCIEMENT pour motif personnel (faute simple, grave, lourde ou insuffisance) ou économique, avec procédure (convocation, entretien préalable, notification motivée, préavis, indemnités) ; la RUPTURE CONVENTIONNELLE (accord homologué par la DREETS, indemnité au moins égale à l'indemnité légale de licenciement) ; la retraite ; le CDD prend fin à son terme.

    REPRISE DE SITE (A2.1S6) : lorsqu'un marché de sécurité change de prestataire, l'accord de branche organise le TRANSFERT des agents affectés au site depuis une certaine ancienneté (avec quotas et conditions d'éligibilité) vers l'entreprise entrante, qui reprend contrats et ancienneté. C'est une spécificité majeure de la branche.

    Exemple terrain

    Les 6 semaines du Salon de l'Auto

    Une entreprise de sécurité obtient un salon de 6 semaines : montage, exploitation, démontage, avec un pic de 60 agents pendant les 10 jours d'ouverture. Montage contractuel cohérent : chef de site et chefs d'équipe = CDI existants ; 25 agents = CDD « accroissement temporaire d'activité » de 6 semaines (écrit, motif, terme précis) ; 20 agents supplémentaires les 10 jours d'ouverture = intérim ; les 15 restants = CDI du vivier événementiel de l'entreprise (CDI à temps partiel avec avenants d'heures complémentaires). Chaque agent a une carte pro vérifiée et les agents de palpation sont agréés. Une entreprise qui aurait mis 60 CDD « usage » sans convention le prévoyant s'exposait à 60 requalifications.

    Piège / erreur classique

    Un CDD ne peut JAMAIS pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise. Enchaîner des CDD sur un poste de gardiennage 24/7 permanent = requalification en CDI avec indemnité, même si chaque contrat était écrit.

    À retenir

    • ▸Contrat de travail = prestation + rémunération + subordination.
    • ▸CDI = règle ; CDD et intérim = exceptions avec motif écrit, 18 mois max, +10 % de précarité.
    • ▸Carte professionnelle CNAPS obligatoire AVANT toute prise de poste.
    • ▸Changement des conditions (imposable) ≠ modification du contrat (accord du salarié).
    • ▸Reprise de site : transfert conventionnel des agents vers l'entreprise entrante.

    QCM · +10 XP

    Un agent en CDI refuse d'être affecté à un autre site situé à 3 km, dans le même secteur, aux mêmes horaires. Que peut faire l'employeur ?

    Cas pratique

    Le remplacement de Fatou

    Fatou, agent SSIAP 1 en CDI sur un hôpital, est en arrêt maladie 3 semaines, prolongeable. Vous devez la remplacer dès demain 06h.

    1. Q1. Quel contrat choisissez-vous et avec quel motif ?

    2. Q2. Quelles vérifications avant la prise de poste ?

    3. Q3. L'arrêt est prolongé de 2 mois : que faites-vous du contrat de remplacement ?