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    Cours · Pôle 1 · Prestation de sécurité
    A1.2S1 · A1.2S218 min de lectureE4 (coef. 8) · E6 (coef. 6)

    Sécurité vs sûreté et typologie des risques

    La distinction fondatrice du métier et la grille de lecture des 4 familles de risques

    A1.2C2 - Analyser les risques inhérents au site et à l'activitéA1.2C3 - Déterminer les moyens techniques et humains nécessaires

    Un chef de site qui confond sécurité et sûreté déploie les mauvais moyens : un extincteur ne protège pas d'un vol, un portique ne protège pas d'un incendie. Cette fiche vous donne la grille que le jury attend en E4 et E6.

    01Sécurité et sûreté : deux logiques, deux réponses

    La SÉCURITÉ vise à protéger les personnes et les biens contre les risques ACCIDENTELS ou naturels : incendie, panne, inondation, chute, accident du travail. L'événement n'a pas d'intention. On y répond par la prévention, la protection passive (matériaux, compartimentage) et les moyens de secours (SSI, extincteurs, évacuation, SSIAP).

    La SÛRETÉ vise à protéger contre les actes de MALVEILLANCE : intrusion, vol, dégradation, agression, terrorisme, espionnage. L'événement a un auteur et une intention. On y répond par la dissuasion, la détection, le retardement et l'intervention (contrôle d'accès, vidéoprotection, anti-intrusion, agents de sûreté, coordination avec la police).

    Dans la pratique, les deux se rejoignent : une évacuation incendie mal maîtrisée devient une opportunité d'intrusion ; une alerte à la bombe est un sujet de sûreté qui déclenche une procédure de sécurité (évacuation). Le titulaire du BTS MOS raisonne toujours SÉCURITÉ + SÛRETÉ.

    Schéma

    Le carré sécurité / sûreté

    SÉCURITÉ

    Risques accidentels · pas d'intention · prévention + secours

    SÛRETÉ

    Actes de malveillance · intention · dissuasion + détection + intervention

    Exemples sécurité

    Incendie, fuite de gaz, chute, panne électrique, inondation

    Exemples sûreté

    Intrusion, vol à l'étalage, agression, sabotage, attentat

    Question réflexe : « Y a-t-il un auteur qui VEUT nuire ? » Oui = sûreté. Non = sécurité.

    02Les 4 familles de risques du référentiel

    1. L'INCENDIE : le feu et ses conséquences (fumées, chaleur, effondrement). C'est le risque n°1 en ERP et IGH ; la réglementation est la plus dense (compartimentage, désenfumage, dégagements, moyens de secours).

    2. Les RISQUES NATURELS : séisme, inondation, tempête, feu de forêt, mouvement de terrain, éruption. Ils sont répertoriés au niveau communal (DICRIM) et départemental (DDRM).

    3. Les RISQUES TECHNOLOGIQUES : nucléaire, chimique (sites SEVESO, ICPE), bactériologique, électrique, risques professionnels liés aux machines et process.

    4. Les RISQUES HUMAINS (malveillance) : atteintes aux BIENS (vol, dégradation, escroquerie), aux PERSONNES (agression, harcèlement, prise d'otage) et à la NATION (terrorisme, espionnage, sabotage). C'est le cœur de la sûreté.

    Grille de lecture d'un risque

    FamilleNatureMoyens typesPartenaire institutionnel
    IncendieAccidentelSSI, extincteurs, RIA, désenfumage, SSIAP, exercices d'évacuationSDIS, commission de sécurité
    NaturelAccidentelPlan de continuité (PCA), consignes majeures, alertePréfecture, mairie (PCS)
    TechnologiqueAccidentelPOI/PPI, EPI, habilitations, zones ATEXDREAL, préfecture, SDIS
    HumainIntentionnelContrôle d'accès, vidéoprotection, anti-intrusion, rondes, agentsPolice, gendarmerie, CNAPS, référent sûreté

    03Analyser un risque : la méthode en 5 temps

    Le référentiel attend une démarche outillée, pas une intuition. Les cinq temps : (1) IDENTIFIER le danger (source potentielle de dommage) ; (2) DÉCRIRE la situation dangereuse (exposition d'une personne ou d'un bien au danger) ; (3) ESTIMER la criticité = probabilité × gravité ; (4) HIÉRARCHISER (on traite d'abord les risques critiques) ; (5) TRAITER : supprimer, réduire, transférer (assurance, sous-traitance) ou accepter, puis suivre.

    Le DIAGRAMME D'ISHIKAWA (causes-effets, « arêtes de poisson ») est l'outil cité par le référentiel pour remonter aux causes d'un dysfonctionnement selon les 5M : Matière, Matériel, Méthode, Main-d'œuvre, Milieu.

    Schéma

    Ishikawa appliqué à « Intrusion nocturne réussie dans un entrepôt »

    EFFET : intrusion réussie

    Matériel

    Détecteur périmétrique HS depuis 3 semaines

    Méthode

    Aucune consigne de levée de doute écrite

    Main-d'œuvre

    Agent seul, non formé au site, fatigue (2e vacation de 12 h)

    Milieu

    Éclairage extérieur défaillant, haie masquant la clôture

    Matière

    Stock de smartphones visible depuis l'extérieur

    Chaque branche devient une action corrective chiffrable dans la proposition de prestation.

    Exemple terrain

    Le magasin de bricolage de 4 000 m²

    Un chargé d'affaires prépare une offre pour un magasin de bricolage (ERP type M, 2e catégorie). Diagnostic : SÉCURITÉ — stockage de bouteilles de gaz et de solvants (risque incendie/explosion), rayonnages hauts (chute d'objets), 1 200 clients le samedi (évacuation). SÛRETÉ — démarque inconnue de 1,8 % du CA (vol à l'étalage), agressions verbales en caisse, cambriolages du parc extérieur la nuit. Réponse mixte : 1 agent SSIAP 1 en journée + 1 agent de sûreté arrière-caisse le samedi + télésurveillance avec levée de doute la nuit + vidéoprotection déclarée en préfecture. Le client ne voulait au départ « qu'un vigile » : le diagnostic a doublé la valeur du contrat.

    Application pas à pas

    Construire une matrice de criticité pour un site

    Vous êtes chef de site d'un centre commercial. On vous demande de classer 4 risques identifiés : (a) départ de feu en réserve, (b) vol à l'étalage, (c) agression d'un agent, (d) inondation du parking souterrain.

    1. (a) 2 – rare mais possible ; (b) 4 – quotidien ; (c) 2 – quelques fois par an ; (d) 1 – très rare (orage centennal).

    Résultat

    Vous obtenez un classement objectivé, défendable devant le client ET devant le jury : c'est exactement ce que le critère « Le diagnostic de sécurité est pertinent » évalue en E4.

    Piège / erreur classique · Erreur classique en E4

    Écrire « vidéosurveillance » quand il s'agit de vidéoPROTECTION (voie publique / lieux ouverts au public, autorisation préfectorale) et l'inverse. Vidéosurveillance = lieux non ouverts au public (entrepôt, bureaux) ; vidéoprotection = lieux ouverts au public et voie publique. Le jury sanctionne cette confusion.

    À retenir

    • ▸Sécurité = accidentel (pas d'intention) · Sûreté = malveillance (intention).
    • ▸4 familles de risques : incendie, naturels, technologiques, humains.
    • ▸Criticité = Probabilité × Gravité → hiérarchiser avant de traiter.
    • ▸Ishikawa (5M) pour remonter aux causes d'un dysfonctionnement.
    • ▸Un bon diagnostic mixte sécurité + sûreté augmente la valeur de l'offre.

    QCM · +10 XP

    Une coupure électrique provoque l'arrêt des caméras et un vol est commis pendant la panne. Comment qualifier l'événement initial (la coupure) ?

    Cas pratique

    Le data center et la fuite de fluide frigorigène

    Un data center de 3 000 m² vous confie un audit. Vous relevez : une fuite récurrente sur le circuit de climatisation, des badges d'accès prêtés entre techniciens, une porte de secours calée ouverte pour fumer, et un stock d'onduleurs au plomb dans un local non ventilé.

    1. Q1. Classez chaque constat en sécurité ou sûreté et en famille de risque.

    2. Q2. Proposez pour chacun une mesure immédiate et une mesure structurelle.

    3. Q3. Lequel traiteriez-vous en premier ? Justifiez par la criticité.